Le Medef Ille-et-Vilaine dénonce les exactions et pillages commis à Rennes
NE LAISSONS PAS LA VIOLENCE BRISER CEUX QUI FONT VIVRE NOTRE CENTRE-VILLE
Communique de presse - Rennes, le 18 octobre 2026
Les images et les témoignages de la journée et de la soirée du 17 octobre à Rennes sont profondément choquants et préoccupants. Je dénonce avec force les exactions et les pillages que Rennes a connu hier soir. Ces violences sont inacceptables.
Je veux aussi adresser, au nom du MEDEF Ille-et-Vilaine, un message de soutien très clair aux commerçants, artisans, restaurateurs, entrepreneurs et à leurs salariés qui ont subi des dégradations, des pillages, des menaces ou simplement vécu des heures de peur et d’angoisse sur leur lieu de travail.
Derrière une vitrine brisée, un commerce dégradé ou une boutique pillée, il y a des femmes et des hommes. Il y a des années de travail, des investissements, des emplois, des familles et souvent un patrimoine professionnel construit au prix de nombreux sacrifices.
Mais il y a aussi une autre réalité qu’il ne faut pas sous-estimer : la violence vécue par les salariés présents hier dans les commerces du centre-ville. Être enfermé dans sa boutique, entendre des vitres voler en éclats, voir des individus s’introduire dans son lieu de travail ou craindre pour son intégrité physique laisse des traces. Nous devons prendre cette dimension humaine pleinement en considération.
Je veux également être très clair sur un point essentiel : il ne faut pas confondre ceux qui exercent pacifiquement leur liberté de manifester avec ceux qui cassent, pillent, agressent ou cherchent l’affrontement. Dans une démocratie, manifester est un droit. Exprimer une colère sociale, défendre ses convictions, contester une politique publique : tout cela a sa place dans notre République.
Le vol, la destruction, l’intimidation et la violence contre les personnes n’en sont pas l’expression.
Ce qui s’est produit hier à Rennes ne doit donc être ni banalisé, ni instrumentalisé. Les commerçants et les salariés qui ont été pris au milieu de ces violences ne sont pas responsables des tensions de notre pays. Ils en sont aujourd’hui les victimes.
Notre responsabilité collective est désormais de faire en sorte qu’ils ne soient pas laissés seuls face aux conséquences de ces événements.
Nous demandons que les entrepreneurs et les salariés touchés puissent bénéficier rapidement d’un accompagnement efficace : sécurisation des établissements, accompagnement assurantiel, soutien psychologique lorsque cela est nécessaire et coordination étroite entre les services de l’État, les collectivités, les chambres consulaires et les organisations professionnelles.
Nous devons également avoir le courage de regarder ce que ces événements disent de notre pays. Quand la colère devient violence, quand la contestation devient destruction, quand des citoyens finissent par avoir peur de travailler dans leur propre ville, c’est la confiance collective qui recule.
Et lorsque la confiance recule, ce sont nos entreprises, nos emplois, notre attractivité et, plus largement, notre capacité à vivre ensemble qui sont fragilisés.
C’est pourquoi je lance un appel à la responsabilité à tous ceux qui exercent une responsabilité publique ou politique : nous avons besoin de débat, de dialogue et de décisions. Nous avons besoin d’autorité républicaine, mais aussi de réponses aux inquiétudes qui traversent notre société.
L’un ne va pas sans l’autre. Notre pays ne peut pas se résigner à choisir entre le désordre et le renoncement. Il doit être capable de protéger ceux qui travaillent, entreprennent et investissent, tout en donnant des réponses crédibles à ceux qui expriment légitimement leur inquiétude et leur volonté de changement.
À Rennes comme ailleurs, l’entreprise reste un lieu de cohésion, d’insertion et de création de lien social. Elle ne peut pas devenir la variable d’ajustement de nos tensions collectives. Les entrepreneurs bretilliens continueront à investir, à employer, à former et à faire vivre nos centres-villes.
Mais ils doivent pouvoir le faire dans un cadre où la liberté d’entreprendre, la liberté de travailler et la sécurité des personnes sont effectivement garanties.
C’est une exigence économique. C’est surtout une exigence républicaine.
Eric Challan Belval
Président