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Rentrée économique : face à une accumulation de fragilités, le MEDEF Ille-et-Vilaine appelle à « du courage politique »

RENNES, LE JEUDI 3  SEPTEMBRE 2026

À l’occasion de sa conférence de presse de rentrée, Eric Challan Belval, président du MEDEF Ille-et-Vilaine, a dressé un état des lieux de la situation économique bretonne et des préoccupations des chefs d’entreprise. Si l’économie régionale continue de montrer des fondamentaux solides, les entreprises accumulent les facteurs de fragilité : faible visibilité, marges et trésoreries sous pression, coût de l’énergie, tensions géopolitiques et désormais aléas climatiques.

Dans ce contexte, le MEDEF Ille-et-Vilaine appelle à ne pas ajouter de nouvelles contraintes aux entreprises et porte un message clair : « Ce n’est pas le moment de complexifier et de taxer les entreprises. Il faut du courage politique ».

Canicule : le changement climatique devient un facteur de compétitivité et de résilience économique

L’été 2026 aura rappelé que l’Ille-et-Vilaine est désormais exposée aux très fortes chaleurs, mais aussi aux inondations. Le climat a changé, et avec lui le risque pour nos entreprises. Pour les services comme pour l’industrie, la canicule n’est plus seulement un enjeu de confort au travail. Elle devient un sujet d’organisation de la production et d’investissement, avec des besoins en ventilation, rafraîchissement et adaptation des process qui peuvent représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros par atelier pour les PME.

Le choc est particulièrement important pour l’agriculture et l’agroalimentaire, avec une surmortalité animale ayant conduit à plusieurs milliers de tonnes d’animaux morts en Bretagne, saturant les capacités d’équarrissage et nécessitant des mesures exceptionnelles d’enfouissement.

Au-delà des pertes immédiates, le risque est celui d’une baisse durable des cheptels. Si les éleveurs ne reconstituent pas totalement leur production, c’est l’ensemble de la chaîne agroalimentaire bretonne qui sera impacté : abattoirs, transformateurs, logistique, équipementiers ou encore machinisme agricole.

« Il faut regarder les conséquences sur une filière et non entreprise par entreprise. » Précise Eric Challan Belval

Autre enjeu stratégique : l’eau. Par exemple, les industries agroalimentaires, grandes utilisatrices d’eau à haute qualité sanitaire, sont directement concernées par la raréfaction et la dégradation de la ressource. Cela touche, bien évidemment, tous les secteurs d’activité. Une problématique qui doit toutefois être appréhendée dans sa globalité : la première consommation d’eau reste celle des citoyens, avant celle des industriels.

Le MEDEF Ille-et-Vilaine alerte également sur les conséquences assurantielles de ces nouveaux risques : intervention des assurances, assurabilité de certaines entreprises, hausse des taux des polices et évolution de la contribution Cat-Nat. (Catastrophe Naturelle).
Notre message est clair : le changement climatique est désormais un facteur structurant de compétitivité et de résilience économique en Ille-et-Vilaine. Sans anticipation coordonnée – investissements, adaptation des filières, gestion de l’eau , organisations sociales (transports, écoles, crèches…) –  le département risque une érosion durable de son modèle productif agricole et agroalimentaire.

Le MEDEF travaille déjà sur ces enjeux à travers notamment les trois parcours RSE, son outil de cartographie des risques, le guide « Adaptation au changement climatique : 5 étapes pour préparer mon entreprise », le travail de ses mandataires au CROCT avec les organisations syndicales sur les conditions de travail et le changement climatique, ainsi que la sensibilisation des entreprises aux Plans de Continuité d’Activité.

Une économie qui résiste, mais des marges de sécurité qui se réduisent

La canicule intervient dans une conjoncture déjà tendue. L’Ille-et-Vilaine conserve néanmoins des fondamentaux solides : une économie diversifiée, un tissu dense de PME et ETI, une industrie importante et des filières bien structurées.

Les dernières données de la Banque de France montrent une activité en progression modérée dans l’industrie et les services marchands, tandis que le bâtiment résiste avec un léger frémissement dans le logement neuf. Les activités liées aux investissements technologiques et énergétiques ainsi qu’à la défense restent bien orientées. Pour août, les entreprises anticipaient même une certaine accélération de l’activité, signe que le moteur économique n’est pas à l’arrêt.

Mais cette résistance ne doit pas masquer une fragilisation croissante des entreprises.

En début d’année, le baromètre économique régional faisait apparaître un fort décalage dans les anticipations des dirigeants : 39,4 % des dirigeants bretons anticipaient une baisse de leur chiffre d’affaires au premier semestre, contre seulement 12,1 % une hausse. Une entreprise sur deux signalait par ailleurs des retards ou des demandes de délais de paiement de ses clients, traduisant des tensions de trésorerie en cascade.

Dans le même temps, l’envie d’entreprendre reste forte, avec 11 730 créations d’entreprises au deuxième trimestre 2026, en progression de 9,6 % sur un an.

Une économie bretonne toujours dynamique, mais des entreprises qui disposent de moins en moins de marges de sécurité.

Les situations restent par ailleurs très différentes selon les secteurs. Dans la métallurgie, par exemple, l’aéronautique et la défense conservent une bonne visibilité et des carnets de commandes solides, tandis que l’automobile et le machinisme agricole apparaissent plus fragiles.
L’activité intérimaire constitue également un indicateur de cette situation : entre le 13 juillet et le 7 août, les effectifs intérimaires en poste en Bretagne étaient en retrait d’environ 2,5 % par rapport à l’été 2025.

Des signaux d’alerte sur les défaillances d’entreprises

Les chiffres des Tribunaux de commerce sur un an glissant témoignent également de tensions croissantes, particulièrement sur le ressort de Rennes. Le nombre de liquidations judiciaires progresse de 19 % en nombre d’entreprises et de 7 % en nombre de salariés concernés Par ailleurs, les dossiers d’entreprises en prévention sont de plus en plus complexes.

La situation apparaît toutefois différente sur le ressort de Saint-Malo-Dinan, où les indicateurs sont moins dégradés.

À l’échelle nationale, les dernières données de l’INSEE viennent renforcer les inquiétudes : croissance en panne, inflation en progression, recul du pouvoir d’achat et emploi déprimé. À ces facteurs économiques s’ajoute désormais une forte inquiétude concernant la situation politique et les perspectives pour 2027.

Selon une enquête du MEDEF national, 82 % des dirigeants se déclarent pessimistes quant aux effets de la politique économique du prochain président de la République sur leur entreprise, contre seulement 17 % d’optimistes. Les chefs d’entreprise ont du courage. Les femmes et les hommes politiques doivent en avoir aussi.

Cette exigence de courage était au cœur de la REF, qui a réuni plus de 20 000 visiteurs en deux jours, un record absolu et une mobilisation jamais atteinte.

L’événement incontournable de la rentrée économique a notamment été marqué par le discours d’ouverture de Patrick Martin consacré au courage, l’intervention d’Ursula von der Leyen devant les chefs d’entreprise, un hommage aux sapeurs-pompiers et à la sécurité civile qui ont protégé les Français tout au long de l’été, ainsi qu’un débat réunissant sept candidats à l’élection présidentielle, qui a replacé l’économie et l’entreprise au cœur de la présidentielle.

Cette mobilisation s’appuie sur une enquête inédite du MEDEF, réalisée à partir de 66 000 réponses de chefs d’entreprise. Les priorités exprimées sont sans ambiguïté :

•    83 % souhaitent réduire la fiscalité et les charges des entreprises ;
•    81 % souhaitent réindustrialiser la France ;
•    75 % demandent une simplification des normes et des procédures administratives ;
•    75 % souhaitent réduire la dette et les dépenses publiques ;
•    74 % demandent une stabilisation des règles fiscales et sociales.

Dans ce contexte, le MEDEF Ille-et-Vilaine alerte sur les projets susceptibles d'alourdir encore les prélèvements pesant sur les entreprises, notamment le VMRR et la réflexion sur le déplafonnement du versement mobilité des intercommunalités dans le cadre du prochain Projet de loi de finances 2027.

« Ce n’est pas le moment de complexifier et de taxer les entreprises. Il faut du courage politique. »

C’est le message que le MEDEF continuera notamment à porter dans le cadre du Forum Économique Breton, dont il est partenaire majeur depuis la première édition. Une plénière réunissant neuf présidents – MEDEF, branches professionnelles et organisations partenaires – ainsi que Loïg Chesnais-Girard permettra notamment de prolonger ces échanges.

Accompagner les entreprises et préparer l’avenir

D’ici la fin de l’année, le MEDEF Ille-et-Vilaine poursuivra sa mission d’accompagnement des entreprises dans une période complexe et tendue, notamment à travers ses services juridique, santé-sécurité et ressources humaines.

Le renforcement de la résilience des entreprises constituera également une priorité, avec un appui sur la cartographie des risques, les Plans de Continuité d’Activité et l’adaptation au changement climatique.

Le MEDEF Ille-et-Vilaine accompagnera par ailleurs les actions du MEDEF en vue de l’élection présidentielle, notamment pour expliquer ses positions et diffuser ses éléments de doctrine. Un forum régional sera organisé par le MEDEF Bretagne.

Plusieurs autres rendez-vous rythmeront la fin d’année, dont les 25es Rencontres internationales à Dakar et une plénière consacrée à la jeunesse.

Transmission des entreprises : préserver le capital productif français

Autre sujet de vigilance : les nombreux départs en retraite et la transmission des entreprises. En Ille-et-Vilaine, 8 000 à 10 000 entreprises pourraient être concernées d’ici 2030, dans une tendance comparable à celle observée dans les autres départements bretons.

Pour le MEDEF, la préservation du Pacte Dutreil, régulièrement remis en question à l’occasion des projets de loi de finances, est essentielle. Il permet aux entreprises à capital familial d’anticiper la transmission à la génération suivante et contribue à éviter que le capital productif français ne soit racheté par des entreprises étrangères.

Facturation électronique : accompagner plutôt que complexifier

Le MEDEF Ille-et-Vilaine poursuit également ses opérations de sensibilisation à la facturation électronique, notamment avec l’Ordre des experts-comptables. Si les données spécifiques à l’Ille-et-Vilaine sont encore trop précoces pour mesurer le niveau de préparation des entreprises, le MEDEF rappelle que, pour les TPE-PME, la date la plus impactante sera le 1er septembre 2027, avec l’obligation d’émission des factures électroniques.

Le MEDEF considère cette réforme comme une contrainte supplémentaire en temps et en investissement pour les entreprises, notamment avec le coût d’abonnement aux plateformes, mais reconnaît son objectif de lutte contre la fraude à la TVA, qui constitue un facteur de concurrence déloyale.

Cybersécurité : renforcer la résilience des entreprises

Enfin, l’attaque cyber ayant touché la DGFiP interroge sur la résistance des organisations face à des attaques toujours plus complexes, dans un contexte géopolitique marqué par les guerres hybrides. Pour les entreprises, ces attaques sont d’autant plus perturbantes qu’elles investissent dans des solutions de protection tout en s’interrogeant sur leur niveau réel de sécurité.

Dans ce domaine également, la plaque rennaise et son écosystème d’entreprises spécialisés constituent un atout majeur pour le territoire.

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